Samedi 17 mai 2008
publié dans :
Sandrine Elichalt
Faudra-t-il dresser l’inventaire de ces objets, jouets, babioles, bébés
incrustés dans l’étoffe grillagée de ta robe de mariée ?
Les portes-tu sur ton dos, les dégueules-tu, ces vanités qui tenaient ta vie sur cintre?
Toi, ma monstrueuse, aux traits rabougris et à la tignasse sèche
Toi, ma géante de carton, aux mains qui broient ce qu’elles étreignent
Toi, la représentation clivée d’une féminité implacable
Tu es cruelle et pathétique, ramassée sur ta souffrance qui a creusé ce trou, non par balle, mais par l’acidité des pensées vaines.
De ce cœur évidé s’est écoulé ce fatras emplâtré dans ta mousseline jaunie.
Ton geste montre du creux, de l’absence, du manque, de la solitude.
Tu pourrais caresser l’étoffe du bonheur, mais non, pauvre vieille !
Qui voudrait attraper ton bouquet de fleurs mortuaires ?
Qui serait le marié et pour quelle vie partager ?
Nikki de St Phalle