Ateliers à vocation littéraire, notre but est de promouvoir la production, l'édition et la diffusion d'écrits et de toute œuvre s'inscrivant dans une dynamique artistique. Création, fabrication et mises en lien, Les ateliers de traverse placent l'écriture au cœur de leur action.
Notre atout, c'est notre implantation géographique. Paris, Les Lilas, Rouen, Caen. Les ateliers de traverse offrent cinq lieux d'accueil, cinq territoires particuliers d'écriture, cinq champs de rayonnement pour la création artistique.
Notre premier atelier d'écriture eut lieu en décembre 2004 et l'association fut créée en septembre 2006. A l'origine du projet, une impulsion. Ecrire ensemble, mettre en commun, œuvrer. A l'origine du projet, cinq femmes, cinq sensibilités littéraires, cinq cheminements en Ecriture et en Lecture.
Florence Denat est psychologue. Claudine Dozoul a fait sa carrière comme professeur des Ecoles. Sandrine Elichalt est professeur de Lettres. Catherine Robert enseigne la biologie et la géologie. Isabelle Vincent est consultante et formatrice en communication.
Toutes, nous entretenons un lien fort et une expérience ancienne avec l'écriture, le langage et les processus de création littéraire. A titre personnel ou professionnel, nous avons assisté à des comités de lecture, nous avons participé à des lectures publiques ou à des ateliers d'écriture. Nous en avons organisés, nous en avons animés. Nous avons produit et parfois diffusé des œuvres ou des productions écrites.
Les ateliers de traverse travaillent sur le pré-texte
Ce qui se trame, ce qui se tisse. Ce qui revient sur l'ouvrage. Ce qui se lie et se relie à voix haute. Ce qui heurte sur une coquille. Un cuir d'émotion. Une virgule relative. Ecrire c'est lire, retrancher, rajouter, raturer, réécrire, trier, inventer, lire encore et encore. Ce n'est pas écrire, c'est travailler, c'est pratiquer des écritures.
Les ateliers de traverse travaillent le texte
Les ateliers de traverse explorent ce qui parle en nous. Ce qui parle de soi. Ce qui parle difficilement. Ce qui se tait, ce qui se sous-entend. Langages, souvenirs, rêves, images, souffles et sons, mouvements, empreintes, matériaux, fragments qui alimentent le désir d'écriture, qui le contraignent, qui le transcendent. Ecrire c'est s'extirper d'un soi multiple et encombrant, c'est partir à la découverte d'un singulier et résistant. Le texte. Cette expérience aléatoire du monde, ce champ de forces et de tensions.
Les ateliers de traverse travaillent en hypertexte
Les ateliers de traverse s'intéressent à ce qui fait irruption, l'Autre, un auteur, une peinture, un film, une rencontre, la nature, une sculpture, l'histoire de quelqu'un. Pièces intimes qui se mettent en scène, qui s'exposent en lumière, qui s'architecturent en corps de l'atelier. Liens. Hypertexte. Ecrire c'est garder trace. C'est soumettre ses perceptions à la vigilance des instants, c'est s'abandonner, se laisser impressionner, se laisser distancier. Ecrire, c'est faire inventaire, formaliser et transmettre.
Notre démarche est résolument littéraire et militante
Les ateliers proposent une traversée exploratoire des sources, des genres, des thèmes et des techniques littéraires et artistiques. Il s'agit de produire de l'écrit, de favoriser l'émergence de l'œuvre, de l'inscrire dans une modernité textuelle, de revendiquer une posture d'écrivain.
Nous concevons l'écriture comme un acte créatif ininterrompu
Que ce soit par mails, à travers les carnets de voyages ou sur le blog, nos échanges se poursuivent entre deux séances d'écriture. Ecriture spontanée, écriture d'imprégnation, prise de notes, premier jet ou réécriture d'un texte produit lors d'une séance, le processus de création n'est plus abandonné, mis de côté. Il est là, tout près, en gestation ou au repos, déjà en mouvement.
Nous offrons un cadre et une guidance propices à la création littéraire
La guidance est assurée par des animateurs, professionnels de l'écriture, formateurs, enseignants et créateurs, qui définissent les modalités de l'intervention et animent l'atelier. Cette guidance offre des ressources et un espace de liberté pour accompagner chacun dans son cheminement en écriture.
Nous utilisons la contrainte comme point d'appui créatif
La consigne d'écriture peut être limitée dans le temps, ou étendue, elle peut être individuelle ou collective, de contenant ou de contenu, large ou rétrécie, contournable ou non, elle peut se pratiquer en intérieur ou en extérieur, avec ou sans support, avant, pendant ou après la séance. C'est l'adhésion à la contrainte, ce jeu de feinte, de détournement et de consentement qui nourrit le processus créatif.
Nous pensons la lecture comme un temps d'écoute généreuse
Le temps de lecture et les retours sur le texte participent autant à la dynamique de création que le temps d'écriture. Les animateurs sont les garants d'une parole qui circule librement, dépouillée de jugement, sans excès. Points d'impact, traces, sensations du texte lu et recueilli à chaud, nous explorons ensemble nos richesses de lecteur.
Nous entendons donner corps à nos productions
Le texte a vocation à accueillir un Lecteur, à lui donner place. Le texte a vocation à être lu, oralisé, incarné, digéré. Le texte a vocation à être entendu, écouté, touché, imprégné, et parfois disséqué. Le texte a vocation à être saisi, imprimé, édité, mis en acte, posé en sujet, offert comme objet. Le texte a vocation à entrer en résonance. Les ateliers de traverse organisent des lectures publiques pour promouvoir leurs auteurs et leurs productions, mettre en lien des impressions et des expressions.
L'acte d'écriture est d'abord une posture. Le corps adopte une position unique et singulière. Il cherche la place pour ses jambes, la bonne chaise, la bonne lumière. Il cherche les meilleurs supports, pour le coude, pour la tête. Il organise rituellement son espace. Un espace de claustration. Un espace en toute clandestinité. L'espace d'écriture. Sa Machine à jouir. Il endosse cependant sa géhenne.
Le corps se limite à quelques points d'appui. Tout juste s'il se souvient de ses fonctions vitales, ça ne respire plus. Verrouillage et Disgrâce. L'écrivant a le dos voûté. Il peine, il barre, il accélère, il transpire, il a froid. L'œil averti noterait les tensions de la nuque, de la mâchoire, des cuisses. Il retiendrait les signes visibles, l'écriture qui soupire, l'écriture d'aise, les rehauts de la pensée, les soubassements, les ressacs, le spasme entre le pouce et l'index, l'instinct de repli, la tentation de toute-puissance.
Ecrire est une histoire de peau. Un texte a une forme, une odeur, une couleur, un son, un goût. Il est un espace clos de traces sensorielles. Il se contient lui-même, il se renvoie à lui-même. Le corps se souvient de l'écriture comme il se souvient de la permanence, il s'en souvient comme de ses premiers mouvements. Les doigts ont le pouvoir de mémoire, les signes, les traces, les graphes font acte, ils racontent une histoire, une logique du souffle ils revendiquent une limite et une extension, une peau d'écriture.
Ecrire, c'est aussi être dans un lieu. Il faut qu'il fasse chaud. Que la chaise soit relativement confortable. Que le monde extérieur soit abstrait. Que la musique soit juste au bon volume. Que l'œil puisse trouver son point d'ancrage, un poste d'observation, une branche, un morceau de ciel agité. Un coin de résistance active. L'espace peut être plein ou vide. Qu'importe. Les mondes possibles sont ouverts. L'écriture flirte sur la traverse, entre lieux virtuels et points de réalité.
L'écriture brouille les temps. Le passé à écrire et l'écrire à venir. Il faut marquer une frontière, fermer la porte, s'absenter. Ecrire, c'est disposer sa présence, dans un certain ordre, avec une certaine intention. C'est introduire la nuance, imposer l'amplification, aménager le plat. Revenir ensuite de l'autre côté, la tête pleine de mots. L'écriture travaille encore.
Ecrire, faire des liens. Soi, l'autre. Tentation de Narcisse, fantasme d'immortalité, jeu de dédoublement et de substitution, refus de la perte, passage négocié. Il s'agit bien de traversée. Ecrire, c'est une tentative. C'est un élan avec un coup de pied. C'est effectuer une traversée de l'immédiateté à l'universel.
L'écriture se projette. Elle vient de loin, de tissus cicatriciels, de traces mnésiques, de schèmes de pensée. Puis elle devient jet, mouvement, dynamique, arc de maîtrise. La technique est acquise, l'arrondi du bras, le lever de la flèche préfigurent l'impact sur la cible. Le lecteur est touché, happé, captivé. Calligraphie parfaite. Il peut retenir son souffle. Il peut s'abandonner à respirer.
Le lecteur c'était moi. L'écriture c'était moi. Texte, tissu, coupures, trame, coutures. Ecrire c'est être nu et recouvert, c'est être empli et privé, c'est être clos et en éveil. C'est accepter la traversée.
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