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Le 15 Septembre 1870, on retrouva, dans les catacombes d’un vieil hôtel particulier parisien, le précieux manuscrit de Balthazar Maorys disparu un siècle auparavant, jour pour jour.
Le célèbre alchimiste, par une dernière pirouette, avait emporté avec lui La Pierre de Vie si follement convoitée et, étrangement, abandonné son livre. La légende aussitôt s’empara du tas de feuillets, les lecteurs fous, aux yeux hagards, dévorèrent les pages jusqu’à, dit-on, La Pierre de Vie. Celle-ci, était décrite et commentée en détails par l’alchimiste, analysée dans son essence, la sève disséquée, les miroitements espérés, palpables ; celle-ci, enfin, comment la faire naître et comment la faire mourir : La recette est donnée, vous qui voulez vivre au-delà des vies. L’âme de Balthazar Maorys veille sur vous.
Le voilà donc retrouvé. Les pages sont jaunies, la couverture cornée et endommagée, sur laquelle on peut cependant lire en lettres rouges à la typographie médiévale : Balthazar Maorys, 1700-1870.
Qui le lira ?
La lune est une hirondelle
Les vieux lecteurs aux yeux brûlés ne peuvent témoigner. Leurs phrases rares et énigmatiques sont à l’égal de leur démarche désarticulée.
Qui le lira ?
Le soleil n’est pas entré
Comment vivre au-delà des vies ? Comment cesser une lecture qui vous dévore, vous décharne tout en vous promettant la vie éternelle ? Que peuvent-ils dire les lecteurs du manuscrit ? Où est le récit de La Pierre de Vie ? De quelles pages s’agit-il ?
Le manuscrit est là. On sait le commencement mais la fin se dérobe.
Il y avait donc un homme qui cherchait. Vivant dans les caves, les sous-sols des maisons et bientôt, des autres vies. Sur son chemin, il se heurte à des pierres. Il continue. Les femmes se sont absentées de sa vie, elles n’aiment pas les cailloux ni le noir. Des putes, oui, certains soirs, pour tromper la mélancolie. Car les pierres rendent tristes et la vie de Balthazar Maorys, longue.
Il y avait donc un désert et un homme qui cherchait. Jusqu’au jour où. La Pierre de Vie est née devant ses yeux éblouis. Elle naît et le manuscrit meurt. Jusqu’au prochain lecteur.