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Extrême secousse

Traverser le pont                les odeurs de fuel, d’essence, votre sueur se mêlant à celle d’un nouveau printemps qu’on s’envoie par courants d’air chaud           des flics traversent votre mirage gélatineux, cherchent votre désir           la cuirasse d’une vieille guimbarde vous chauffe le cul                et quand il apparaît, vous fourrez votre nez dans son cou       et c’est toute la tendresse d’une peau 
le parfum qu’il a choisi :      
vous êtes là -  maintenant 
à goûter ses lèvres    agripper ses cheveux   
vous aviez oublié                  vous aviez envie de :
le mordre
l’incorporer
le manger                           
                                                   pleurer aussi
                                                                    que c’est bon.
Le nouveau printemps a effacé les muscaris et les camélias, le sous-bois au- delà du pont où vous vous engouffrez, trouvez l’antre de dévoration.
La neige autour de la carlingue a disparu et vos os luisent au soleil filtré par les ramures.
Ôtée la cuirasse, les fluides émoussés de désir s’écoulent et les feuilles sont maculées.

Tout ça s’éloigne en fondu
                               parce que là n’est pas tout
                                                           il y a ce reflux de tristesse
cette luxation de l’intérieur           les odeurs de fuel            la pommade périmée depuis 1998, conservée malgré tout dans la boite à gants.
Vous traversez le pont                    mangez la miette collée sur le front de l’homme qui sent bon   
vous désirez aussi           vous ne pleurez plus
                

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