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la table de mes lectures

Si je lis les romans le plus souvent au lit, il n’en est pas de même pour la presse.
                Est-ce pour ne pas m’éloigner de mon poste radio, organe vivant qui maintient le lien entre                  moi et le monde ?
                Est-ce pour avoir le plaisir de boire et de manger durant ma lecture ?
                Est-ce pour son côté rassurant ?
La cuisine. Je travaille là et je parcours la presse frénétiquement.

Soir – 18h30 – jeudi 12 octobre

La cocotte sur le feu.
1/2 heure pour lire Libération.
Bien aminci mon Libé !
J’ai lu la « Une » au kiosque.
J’attaque toujours par le Portrait en 4ème de couv.
Aujourd’hui Charles Berling que je ne reconnais pas sur la photographie.
On dirait Bertrand Delanoé. « Un genre idéal », un titre pas si bien trouvé, après lecture.
Puis je vais à rebours- jusqu’à la page sport. Lisant les articles ou m’arrêtant aux titres .
Je saute « Rebonds » j’y reviendrai à la fin.
ime la forme du fragment : les brèves et la rubrique « vous », « la quotidienne » de Pierre Marcelle, les annonces- surtout les messages personnels, les transports amoureux et l’immobilier !
Et je vais à rebours- à la recherche du carnet, que je lis scrupuleusement, je bois les détails jusqu’à la lie, jusqu’à l’ivresse aussi.
Page après page, je rejoins la « Une ». Je retourne au social, je lis un ou deux articles et je retourne plus lentement vers « Rebonds ».

Mais la cocotte siffle.

Matin – 8h40 – vendredi 13 octobre
La table, longue, blanche, un peu étroite. Jouets, livres, cahiers, journaux, magazines y traînent.
Jamais totalement desservie. Sans les miettes, cependant.
La radio et la cafetière en fond sonore, je suis bien.
    J’ouvre Télérama.
    Après deux jours de regards vers la nouvelle couverture. Après Meryl Streep virginale, Scissor Sister trop rose, voici Helen Mirren – so british actrice de Stephen Frears, épurée.
    Je tourne les pages sans les ménager, ça claque !
Comme à la recherche : d’un mot, d’un signe, d’un paysage ou d’un visage qui m’accrocherait.
Ils sont là.
Tous.
 « Écrits d’alarme », je me jette sur leurs mots, je dévore leur yeux, rentre dans leur quotidien, arrières- plans banals : banquette en simili cuir, poster bariolé, tapis élimé, papier peint à grosses fleurs déchirées. Pas loin de moi, pas loin de nous, mais si pourtant. Les tours de cette Cité de Clichy- Montfermeil, La Forestière, grises, laides et condamnées ne me semblent pas si différentes de la mienne. Mais si pourtant. Même si je déteste les tours, par principe. Même si j’adore les appartements haussmanniens. Nous ne sommes pas à Clichy Montfermeil. Nous ne sommes pas si loin de Paris. Nous ne sommes pas des immigrés. Nous ne vivons pas à 10 dans nos 80m2. Nous vivons bien.
« Quand je pars au boulot j’ai l’impression d’être un rat qui sort cherché son bout de fromage et qui rentre le soir dans sa cage. » a écrit Ibrahima Sacko, 21 ans, mécanicien. T’inquiète Ibrahima, t’es pas tout seul! Je me promets de participer à « La Marche des Cahiers » à Paris le 25 octobre à 14h, place Denfert- Rochereau. Et je tourne la page. Après un dernier regard sur Martine, Bâtiment 3 Porte 3008. « Ma vie était fantastique jusqu’à la mort de mon mari, depuis elle a sombré petit à petit et pour la remonter il me faut l’échelle des pompiers. » Résonance. Je souris à cette femme qui fume un clope, des valises sous les yeux, une petite robe à pois. Elle a la voix rauque Martine, j’en suis sûre.
J’avance. Titres que je retiens ou pas. Je reviendrai.

Pages culturelles :
    Livres je m’attarde
    Musique passe trop vite
    Cinéma je m’arrête
    Scènes j’effleure
    Internet –Vidéo- Blog j’ai le tournis
    Je reviens, je lis : l’entretien de Patrice Leconte
    Le débat « les baby-losers »

Je lis parfois en diagonale.
Ébullition, tant de gens à rencontrer, tant d’œuvres à connaître…
Ce matin, j’ai arrêté le temps aveugle. Je m’essouffle au quotidien.

Mon quotidien et la télévision.
Je sélectionne, armée de mon stabilo :
    « Y-a-t-il un pilote dans l’avion ? » parce que le dimanche soir c’est déprime.
    « Vivre un grand amour » au cinéma de minuit : je dormirai.
    « La charge héroïque » parce que c’est un western et l’éternel « j’sais pas si j’lai vu cuilà »
    « Quelques veuves de Noirmoutiers » de Varda, évidemment. Je déteste le mot « veuve ».
    « Les années de sang : Israël- Palestine » pour comprendre mais j’oublierai de regarder.
Mon quotidien et la radio
     France Inter, ça va avec Télérama, non ?
     Nova pour découvrir
     France CUL  rarement quand j’ai vu un encart, découpé et laissé en vue.

J’oubliais « Le courrier des lecteurs », que je parcours, faisant la mou, va savoir pourquoi…
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C
si loin si prèsce quotidien de 30 ans, l'aménager autrement , diificile à imaginer
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