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Elle étire ses bras
Son visage contre sa poitrine, il s’est collé à elle comme un enfant
Puis il s’est éloigné
Il lui avait pourtant dit
Rejoins-moi
A « la rose des vents »
Rejoins-moi
Pourtant, au loin
La longueur de ses bras
Il y avait cet homme qui les regardait, son livre sous le bras, sa silhouette en T se détachait, cuivre sur fond vert, « hanté », elle avait pensé, comme Le château d’Otrante, avant que la femme ne monte sur la nacelle.
Elle ne s’envole pas. Non. Elle se tient droite, visage contre ciel.
Tu peux toujours écouter
Sa main contre ton sein
Tu n’entendras rien
Mouchette
Elle est restée longtemps assise au bord de l’eau
puis elle a recroquevillé son corps
Matière fœtale
Et glissé
Roulé son corps contre l’herbe avant de tomber
Gros caillou à l’eau
Mouchette
C’était avant cette femme nue
Visage noyé dans l’herbe
Qu’attend-elle ? Que pense t-elle ? De quoi sont faits ses rêves ?
Au bord de l’eau, il y avait cette musique de bal musette. Ça lui donnait envie de danser. En attendant. Avant que tout commence. Vraiment. Ça lui donnait envie de danser.
Dans l’herbe. Des bottes en caoutchouc et des silhouettes cachées. Ils regardent. Ils attendent. Ils s’éloignent, se regardent. Ils se sont figés. Là. Pour l’éternité. Mais non. Tu t’es trompé. Ce n’est pas la mer allée avec le soleil. C’est la terre. C’est la terre.
Tous. Yeux fermés. On peut voir la courbe du cil contre la peau. La bouche qui s’est fermée. Le corps immobilisé. Tous.
Dans la lumière du soleil.